L'église Saint-Louis de Vincennes - Saint-Mandé

Commencés en 1914, les travaux de l’église furent interrompus par la guerre et ne s’achevèrent qu’en 1924. Mais il fallut attendre 1927 pour édifier le campanile et achever la décoration intérieure.

Les architectes DROZ et MARRAST ont conçu un édifice de plan centré avec des moyens mis en œuvre résolument contemporains : quatre grands arcs en béton armé délimitant une nef unique et supportant une lanterne octogonale. Ses murs extérieurs sont en meulière avec un appareillage de briques rouges. Trois grandes roses faites de pavés de verre de Saint-Gobain encastrés dans le ciment permettent de bénéficier de la lumière du jour.

Pour la décoration de l’église, l’archevêché de Paris fit appel aux Ateliers d’Art Sacré constitués en 1919 sous l’impulsion, notamment, du peintre Maurice DENIS, chef de file du mouvement Nabi et chrétien convaincu.

Ce dernier est, à Saint-Louis de Vincennes, l’auteur des Béatitudes situées aux écoinçons des grands arcs. Son œuvre majeure, « La Glorification de Saint-Louis », inaugurée le 28 octobre 1927, recouvre la totalité de l’abside polygonale du choeur. Dans la forêt de Vincennes, à l’ombre d’un grand chêne, on voit Saint-Louis rendant la justice environné d’une multitude de personnages ayant illustré son siècle et parfois représentés sous les traits de contemporains et familiers de l’artiste.

En plus des fresques du porche et des quatre évangélistes de la lanterne, un second peintre Henri MARRET a exécuté le Saint-Jean-Baptiste des fonds baptismaux et le Christ Pantocrator situé au dessus de l’autel. Mais son œuvre maîtresse demeure le Chemin de Croix réalisé en 1921.

Le sculpteur Carlo SARRABEZOLLES, spécialiste de la sculpture sur béton frais, a réalisé la statue de Saint-Louis à l’entrée de l’église, à droite du portail. Le Sacré Cœur et la Vierge à l’enfant des chapelles latérales ont été sculptés par Armand BOUTROLLES.

Il y a peu d’églises où la céramique soit aussi importante qu’à Saint-Louis de Vincennes. Maurice DHOMME a réalisé la chaire remarquable par son grand abat-voix et les figures de l’Apocalypse qui symbolisent les quatre évangélistes. On lui doit aussi le calvaire, don de ses héritiers, les statues de Jeanne d’Arc, Antoine de Padoue, Thérèse de l’Enfant-Jésus et la Bienheureuse Isabelle, sœur de Saint-Louis, le maître-autel et diverses décorations du chœur.

Le ferronnier Raymond SUBES réalisa lui aussi un ensemble admirable, malheureusement en partie détruit ou disparu, mais nous pouvons encore admirer, entre autres, les portes très délicates des trois tabernacles et la porte à deux battants, aujourd’hui déposée dans la sacristie, de la table de communion, réalisée par Maurice DHOMME en céramique et détruite après le Concile.

Photographies de l'église Saint Louis